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Samarcand (le 24/07/2007 à 16h34)
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Au centre de la route de la Soie
Nous sommes arrives hier a Samarcand par le train depuis Boukhara (a travers le desert et au son de la musique russe et turque). La ville est bien plus grande que Boukhara ou Khiva ce qui fait que c’est moins galere pour trouver un café Internet ou du change. Il y a moins de monuments mais ils sont magnifiques car le conquerant sanguinaire Tamerlan fit de Samarcand sa capitale mais qu’il passa le plus clair de son temps a devaster les territories compris entre Moscou, Istambul, Delhi et la Mongolie. Nous avons commence en dehors de la ville par l’observatoire d’Ulugh Beck, du nom de ce petit fils de Tamerlan, grand scientifique en son temps (il etudia les astres et fut assassine par son fils et des fantiques religieux car il discutait l’existence de Dieu avec ses eleves) qui fit construire a Samarcande un grand observatoire don’t ne subsiste que le sextant, le plus grand du monde (plusieurs metres de long et de haut ; le reste fut rase oar son fils). En redescendant vers le centre, nous avons traverse la colline de fouilles ou s’elevait la cite antique puis sommes arrive au mausolee magnifique contenant la tombe d’un cousin du prophete et de members de la famille de Tamerlan.
Ce matin, nous avons commence par la plus grande mosque d’Asie Centrale, construite sur ordre de Tamerlan par sa femme chinoise (execute ensuite). Entoure de 4 minarets recouverts de ceramique, la mosque fut victime de ses dimensions demesurees (le portail fait 35m de haut) et s’efondra a la fin du XIXe siecle pendant un tremblemement de terre. Elle a ete entierement restauree. Nous sommes ensuite alle sur la place du Registan, la plus celebre d’Asie Centrale, entouree de 3 immenses medrassas recouvertes de ceramiques. Le cadre est sompteux et cette image fit rever les voyageurs occidentaux qui s’aventuraient ici il y a des siecles (un caravanserail et le palais du khan remplacait deux des medrassas). Le tout a ete magnifiquement restaure mais les prix sont prohibitifs, surtout qu’il faut backshisher le policier pour monter en haut du minaret faire des photos. Nous sommes alles nous promener au oarc Gorki (et j’ai cherche l’Alliance Francaise, malheureusement fermee pour cause de fonctionnaire paresseux). Enfin, nous avons visite le mausolee ou repose Tamerlan et Ulugh Beck.
Globalement, Samarcande est assez sovietique mais les monuments sont mis en valeur sur de grandes esplanades. Il y a pleins de francais (80% des trouristes selon les locaux) et pleins de tours. Heureusement, la plupart ne franchissent pas la frontiere tadjik comme nous demain. Samarcand etait notre derniere etape en Ouzbekistan. |
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Boukhara (le 23/07/2007 à 17h28)
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Khiva-Boukhara
Environ 300 km separent Urgentch (ou Khiva) de Boukhara. La route autrefois passait au Turkemenistan mais la nouvelle longe la frontiere. On traverse un grand desert qui explique dont on comprend qu'il a du prendre plus d'une vie. Comme toujours, notre chauffeur roulait en pointe a 150km/h avec la musique a fond (les prix des taxis collectifs sont plus eleves dans le coin).
Boukhara
La ville est tres differente de Khiva. Le vieux centre a ete preserve mais est moins uniforme (pas de remparts et il est "integre" dans la nouvelle ville sovietique. Arrive en milieu d'apres-midi, nous avons eu beaucoup de mal a changer des soms (on est plus a Tashkent, les banques sont en general a court de monnaie ouzbeck ce qui fait de ce pays le premier ou je rencontre une penurie de monnaie papier). Nous avons finalement change dans la rue au marche noir avec un taux moins bon (et apres une demi-heure de recherches). Nous sommes ensuite alles visiter la ville sovietique (par hasard, nous cherchions le guichet de train, ferme a 17h bien sur; la ville est laide, comme toujours), le cimetiere juif (il y a une forte minorite juive qui effectuait les operations de change dans l'histoire, les ouzbecks pensaient que ca portait malheur). Nous avons recnontre deux suisses romans qui venaient de pas loin de chez Thomas : l'un faisait l'Asie centrale a velo, l'autre visitait juste l'Ouzbekistan. La ville est tres touristiques et les francais et vendeurs de camelotte se pressent a tous les coins de rue.
Le lendemain fut l'occasion d'une visite plus importante de la vieille ville qui comptait des centaines de medrassa (la plupart sont en mauvais etat, ont ete detruites; de toute facon, la pratique religieuse est sevrement encadree par le regime qui y voit une opposition politique; il n'y a que 3% de pratiquants dans un pays a 95% sunnite et les appels a la prieres sont strictement interdits). Une est en activite dans le centre (magnifiquement conservee) mais ne se visite pas. Comme Khiva, la ville est marquee par un passe difficile. Multimillenaire mais rasee par Gengis Khan, elle fut un centre islamique de premiere importance pendant plusieurs decennies. Elle profitait egalement du rayonnement du a la route de la soie. Comme toujours, les emirs furent sanguinaires et les moeurs locales etaient peu propices aux invasions exterieures (la ville sainte etait interdite aux etrangers sous peine de mort) et rares furent ceux qui echaperent au desert et a l'emir ce qui entretenait le mythe de cette cite du desert au XIXe siecle. Les russes arriverent en 1868 pour civiliser tous ces barbares mais laisserent l'emir en place. En 1920, l'independance du Turkestan fut proclame et en represailles, la ville fut en partie aneantie par l'armee rouge. Si le minaret (qui etait le seul monument epargne par Gengis Khan au XIe siecle) a ete restaure, le fort ne l'a pas ete completement. L'entree fut chere malgre le fait qu'il n'y avait rien a voir (nous avons du backchicher un policier pour qu'il nous ouvre la partie detruite du fort, un no mans land sur la plate-forme des remparts d'ou la vue sur la ville est magnifique). Nous avons mange le soir chez des ouzbecks un plov assez mediocre.
Nous avons egalement achete des billets de train pour Samarcande : une veritqble epopee d'1h30. Il y a deux employes aux taches separees. Pour acheter le billet, il faut donner son passeport pour que l'employe 1 appelle avec son portable une dame et lui dicte le contenu du passeport. Celle-ci rapelle quelques minutes apres avec un numero que l'employe 2 recopie dans un cahier puis il commence a recopier pleins de chiffres sur un ticket. Ensuite numero 1 recopie les memes chiffres sur une autre partie du billet, numero 2 met des tampons, numero 1 decoupe le billet en 2 avec des ciseaux pour garder la souche (mais pas en ligne droite, en crenaux) et numero 1 (ou numero 2, quel effort) le passent dans une machine antique. Si on ajoute 5 amglais devant moi, des problemes de connection telephonique avec la fille et que les mecs sont pas presses (il s'arretent regulierement pour clopper), on comprend que prendre le train est epique...
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Khiva (le 23/07/2007 à 16h34)
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Nous avons decolle de Tashkent a bord d'un Tupolev d'Uzbekistan Airways. La clim n'ayant ete mise qu'apres le decollage, nous avons passe 30 minutes a 45 degres (et Maud qui se plaignait d'avoir froid en avion). Tout s'est bien passe malgre l'age manifeste de l'avion. Arrive a Urgench, nous avons pris un taxi pour Khiva (25km) apres d'apres negociations. Autrefois, Khiva etait une ville au milieu du desert, lieu de mysteres et d'horreurs pour les rares voyageurs occidentaux qui l'ont atteinte. Aujourd'hui, l'ancienne cite a ete restauree comme a l'epoque par le gouvernement ouzbeck et se trouve au milieu d'une oasis sovietique d'environ 30km de long et 10km de large (qui comprend Khiva et Urgench, la grande ville de l'oasis). La ville est dans ses remparts et compte de nombreuses medrasas, quelques mosquees et trois grands minarets, la plupart des monuments sont recouverts de motifs en ceramique et sont donc magnifiques. Malheureusement, la ville est aussi tres touristique et les tour operateurs (surtout francais) se bousculent au portillon : il y a beaucoup de francais, et les prix grimpent au plafond (10 euros pour les musees de la vieille ville sans compter les supplements).
Nous avons dormi dans un hotel avec une magnifique vue en plein centre. Le premier soir, nous avons mange dans un restaurant appele Farruck. Comme on s'en serait doute, ce fut une grosse arnaque et on a decide d'aller manger hors des murailles pour le lendemain. La visite de la ville fut tres interessante. Oasis multi millenaire au milieu du desert sur la route de la soie, Khiva fut au centre du traffic des escalves pendant des siecles. Les Khan qui dirigeaient la cite etaient d'une particuliere cruaute (torture, executions de masses dont les plus rafinees etaient la precipitation du haut du minaret de 40m ou enfermement dans un sac avec un chat sauvage ou des serpents). La ville etait apparemment assez dangereuse pour les rares occidentaux qui parvenaient a traverser le desert. Il y avait egalement de nombreuses medrassa. Nous avons visite toute la journee. Malheureusement il n'y a pas de cybercafe a Khiva (ou si mais il sont rarement ouverts le soir). La delicieux pain que je peux manger depuis la Chine (des genre de galettes appelles nan et qui n'ont que la forme du nan indien) n'existent apparement plus a 800km au nord-ouest de Tashkent. Il faut dire qu'on se rapproche ici de la mer Caspienne et de l'ancienne mar d'Aral.
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Tashkent (le 21/07/2007 à 20h04)
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Il nous a fallu 3h30 pour parcourir les 440km qui separent Ferghana de Tashkent en taxi collectif. L'ancienne route passait par la vallee mais le tadjikistan occupe desormais la basse-vallee et barre le chenmin vers Tashkent et Samarcande. Une 2x2 voies a ete construite a travers les montagnes et un cols pour relier Tashkent. Notre taxi, presse de faire l'aller-retour, filait souvent a 140-150km/h depassant sur les lignes blanches continues, la maximum ayant ete atteint dans la vallee de Tashkent lorsque la route est la plus large (6 voies). Le chemin etait parseme de nombreux barrages policiers. J'ai rapidement trouve mon hotel a Tashkent, ville sans attrait aux larges avenues sovietiques meme si des cafes et boutiques branches occupent desormais le rez-de-chaussee des anciens immeubles. Il y a aussi un metro, tres pratique pour se deplacer (et pas cher, 10 centimes le jeton en plastique). Je me suis paye un bon diner au Meridien ; enfin du moins le croyais-je. Le diner etait certes pas cher (7 euros) mais la cuisine du palace pas a la hauteur de sa reputation : la Feta de la salade grecque etait de la vache-qui-rit et le desert tout rassi.
Thomas est arrive a l'heure (5h00 du mat) en provenance de Paris. Je l'ai laisse dornir pour aller acheter nos billets d'avions pour aller a Khiva. Uzbekistan Airlines, en plus de ne pas parler anglais, ne sont vraiment pas efficace. Il me fallut 1h pour acheter le billet si bien que je suis arrive trop tard a l'Ambassade du Kirghizistan pour me refaire un visa. On est alle manger dans un fast-food ouzbeck avec Thomas puis je suis retourne a l'Ambassade du Kirghizistan pour 15h, comme demande le matin par la milice ouzbeck qui patrouillait devant. Les abrutis (de la police ouzbeck) regnaient en despostes devant l'ambassade et avaient decider de faire passer les cas pathologiques (les ouzbecks avec des dossiers d'immigrations enormes a presenter) devant les touristes etrangers pour qui cela prenait 10 minutes. A 17h, je passais enfin et le consul accepta de me delivrer le visa sur le champ (c'etait ca ou je le faissais a Douchambe) moyennant 55 dollars quand meme. J'ai rencontre en faisant la queue des anglais qui suivront peu ou prou le meme trajet que nous.
On est ensuite alle dans la vieille ville et au bazar apres cette journee largement perdue dans les formalites administratives. On a termine sur la place du peuple ou se dresse le palais presidentiel du tout puissant Islam Karimov et les monuments a la gloire de l'Ouzbekistan (dans un style melant neo-sovietique et neo-asie centrale). Le soir fut tout aussi difficile. On ne trouva jamais le restaurant corren, juif ou georgien (les minorites de Tashkent depuis des decennies) et on a fini dans une gagrotte russe apres de km de marches dans cette ville immense sans centre. La ville est vraiment immense mais il est difficile d'identifier un centre ; bref, la ville typiquement sovietique.
Nous avons consacre le lendemain aux musees de la capitale : musee du peuple d'Ouzbekistan (a la gloire de son chef ancien, Tamerlan et de son Tamerlan moderne, Karimov), musee d'Art (avec des superbes ceramiques de Boukhara et Samarcande) et musee des vieille locomotives sovietiques. On est ensuite parti a l'aeroport pour aller a Khiva. |
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Vallee de la Ferghana (le 21/07/2007 à 19h45)
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Ferghana et Marguilan
L'arrivee a Ferghana dont les rues ne sont pas eclairees la nuit fut assez sordide. J'ai trouve a me loger dans une famille ouzbeck tres accueillante mais assez loin du centre. Il y avait aussi un jeune couple de francais et nous sommes alles ensemble a Marguilan, 30km au nord, visiter une fabrique de soie qui travaillait selon les methodes ancestrales. Nous avons ainsi pu observer la fabrication du fil de soie a partir du cocon (on le recupere en faisant bouillir les concons), son traitement (pour en enlever la glue), sa coloration (naturelle ou chimique) et enfin la fabrication des challes ou autres tapis a la main (les machines ne marchaient pas pour cause de coupure de courant). La visite en anglais etait vraiment super interessante. Nous avons ensuite mange dans une cantine ouzbeck. J'avais un peu apprehende la vallee car le Lonely la decrivait comme un bastion du conservatisme musulman : en realite, point de burqa ou meme de femme voilee, beaucoup de femmes en mini-jupes, de manches courtes...Comme je l'avais lu dans des livres plus serieux, il est clair ici (quand on voit les mosquees quasi-desertes) que le regime de Karimov exagere tres largement la menace extremiste. Il y a des flics partout, des barrages routiers tous les 40km et les gens sont tres sympas et aident beaucoup les touristes. On est rentre dans la mosquee ; la femme francaise a juste du se voiler avec un chale leger et son mari etait en bermuda-T Shirt, le Pakistan est decidemment loin.
Kokand
J'ai ensuite pris un bus pour Kokand, l'ancienne capitale du khanat. Le palais du Khan (ou il n'a vecu que 3 ans) est magnifique au milieu du square Lenine mais le harem a ete detruit par les russes. Il y a egalement une vieille ville europenne belle epoque batie par les immigres russes et allemands venus en masse au debut du siecle. J'ai aussi visite ma preniere medrassa encore en activite : 3 immams et 150 etudiants surtout des jeunes russes, ukrainiens, ouzbekcs, kirghizes, kazakhs, turkmenes y etudiaient. Il y avaient beaucoup de jeunes. L'interieur (cellules de vies et salles de classe autour d'une grande cour) est assez marrant a voir mais cette madrassa est une des seules autorisees par le regime ouzbeck. Rentre a Ferghana, j'ai diner dans le cafe de l'acteur le plus celebre d'Ouzbekistan (pas des masses d'ambiance malgre son cote branche).
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